23 décembre 2011

Ecrire un livre : processus créatif

Il n’y a rien de plus exaltant qu’écrire un livre. Surtout au début. Personnellement, mon travail d’auteur se déroule en plusieurs étapes.

Bien-sûr, au commencement était l’idée (et pas le verbe, pour une fois…). Tout à coup, on a un « déclic ». C’est parfois une fulgurance, un éclair, une ampoule qui s’allume dans la tête. On sent qu’on tient son sujet. On est inspiré par la silhouette d’une femme qui passe, par une simple citation, par une situation de la vie courante. Tout est un moteur potentiel.

Pour mon premier vrai roman, celui que je suis en train de corriger… ce déclic s’est produit le 26 décembre 2010 à 8h00. Je m’en rappelle parfaitement parce que je regardais par la fenêtre de mon appartement ! Si, si ! J’ai une mémoire d’éléphant ! Trouver son idée est un grand moment. On est tellement excité ! C'est le début de la grande aventure.

Ensuite, il y a l’intense période du développement, de l’imagination : il s’agit de l’étape où l’histoire va se construire. Pour ma part, je travaille toujours en musique. Je ne m’imagine pas créer une seule scène sans écouter une chanson en parallèle. Je suis portée par les notes, je ferme les yeux et je rêve. Durant cette phase, je n’ai qu’à m’asseoir et à écouter. Les images viennent d’elles-mêmes, exactement comme au cinéma. J’ai l’impression qu’un écran s’est déployé dans ma petite tête et j’assiste au déroulement d’un long métrage. J’adore. Limite, c’est mon moment préféré !

Après, je m’attaque à la planification. Là, on ne rigole plus ! J’établis une fiche personnelle pour chacun de mes personnages, même secondaires, soit… une vingtaine de pages par héros ! Je dois tout connaître de leur caractère, de leurs goûts, qu’il s’agisse de la pointure de leurs chaussures à leur modèle de voiture, du nom de leur chien à leur plat préféré ! Et puis, je me mets à découper mon histoire en scènes. Je rédige toujours un story-board, comme au cinéma. Je décris chaque scène sur environ une page, voire deux. J’ai besoin de savoir où je vais car je ne crois pas au mythe de l’auteur qui travaille à main levée, au gré de son inspiration. Bien-sûr, tout le monde ne fonctionne pas comme moi et chaque écrivain à ses propres manies, son propre mode créatif. Mais en ce qui me concerne, j’ai besoin de savoir très précisément où je vais… quitte à m’éloigner, durant la réaction, du plan initial. En effet, ce story-board ne doit pas s’avérer rigide. Il est modulable, il peut même changer du tout au tout… mais il s’agit à mes yeux d’une indispensable bouée de sauvetage. C’est mon phare dans la nuit !

Suite à ces étapes, qui m’occupent en général trois mois, je me lance enfin dans l’écriture du fameux livre. Là, je m’assois devant mon ordinateur et j’écris, j’écris, j’écris. Un vrai travail de composition, 100% créatif. Je me laisse emporter par mes personnages, je suis embarquée dans mon histoire. J’écris dans une bulle. Je vis mon film dans ma tête et j’essaie de le transposer en mots pour les autres, afin qu’eux aussi puissent « voir » mon histoire. Rien de plus puissant que le pouvoir des mots. C’est hypnotique ! Ecrire un livre me prend environ trois-quatre mois.

Enfin, vient le grand moment de la correction. J’ai horreur de cette étape et pourtant, je considère qu’elle est la plus importante du processus. J’oserais même affirmer qu’elle représente 80% du travail d’auteur, ce qui ne laisse que 20% à l’écriture pure ! C’est énorme… et vitale ! Souvent, le texte brut est illisible, décevant, insatisfaisant. On doit supprimer un personnage, changer le caractère d’un autre, rajouter un évènement capital… On se sent frustré, écras" par la charge de ce qui reste à faire. Sans parler des corrections au niveau du style ! Un auteur doit polir chaque phrase, supprimer ses excès de verbiage, tenter d’atteindre une langue fluide, sans fioriture.

Je trouve cette étape usante. Franchement usante ! Il faut dire que je suis en plein dedans, en ce moment. Parfois, je me dis que je n’en verrai jamais le bout. A l’aune de ma propre expérience, la correction occupe environ quatre mois. Et entre les remaniements scénaristiques et la chasse aux fautes d’orthographe, je débordre souvent d'un bon mois !

Grosso modo, l’écriture d’un livre occupe une année. Mais quelle année ! Pour accoucher d’une œuvre, il faut consentir à beaucoup de sacrifices, rogner (voire supprimer) tous ses loisirs, oublier en bonne partie sa vie sociale… mais au final, quel plaisir immense, incomparable quand l’ouvrage est terminé et que le mot FIN s’affiche sur son écran. Pfff... J'ai l'impression de sortir d'une lessiveuse et le pire, c'est que j'en suis ravie.

Je ne connais rien de plus beau, de plus grand, de plus fort que la création littéraire (même à ma modeste échelle, car je n’ai rien d’un grand auteur). Un roman, c’est le rêve dans le réel, c’est le fou dans le banal, c’est la vie qui sort de son cadre, de ses limites. C’est ce que j’aime le plus. D’ailleurs, c’est bien simple, je ne sais rien faire d’autres. :)

Posté par Clara Jacob à 19:36 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Ecrire un livre : processus créatif

    Moi j'ai déjà voulu écrire des livres plusieurs fois, mais à chaque fois, je ne suis pas parvenue à aller jusqu'au bout. Rien que le plan n'était pas complet, et pourtant, je voulais déjà m'attaquer à l'écriture, ce qui est une grave erreur... je m'en apperçois en te lisant. En même temps, je crois que c'est très difficile d'écrire un vrai roman, aussi, je t'admire. Ca demande du sérieux et de la contrainte, du travail, beaucoup de travail aussi. Pas seulement du talent.
    Bon Courage dans ton aventure littéraire.
    Amanda

    Posté par Rosewitha, 25 décembre 2011 à 14:15 | | Répondre
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